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Collection « Lettres »

Henri-Pierre Jeudy
128 pages, 15 x 21 cm, cousu
ISBN 2-87317-083-3
15 €, 1999

Après m’être promené toute la journée dans les rues de Kyoto, je suis revenu dans ma chambre d’hôtel à la tombée de la nuit. Je me suis étendu sur le lit. La fenêtre est restée ouverte, j’entends les bruits de la ville. Ses lumières m’empêchent de plonger dans l’obscurité. Je pratique un rite depuis plusieurs années. Je choisis la fin du jour, surtout dans ces pays où la nuit arrive brusquement, je m’allonge, les bras le long du corps, je respire lentement, les paupières fermées, j’écoute les bruits extérieurs, et le visage d’un être que j’aimais m’apparaît. Au commencement, l’image demeure floue, elle semble chercher à sortir de la nuit, son contour a du mal à se détacher du fond plutôt sombre d’où elle advient. Je ne dois faire aucun effort pour la rendre plus visible, elle seule est en mesure de conquérir sa place dans le temps de son apparition.

Henri-Pierre Jeudy, sociologue rattaché au CNRS et enseignant à l’école d’architecture de Paris-Villemin, est l’auteur de nombreux ouvrages qui ont renouvelé la réflexion sur la gestion patrimoniale et l’esthétisation de la culture et de la société. Il a publié à La Lettre volée La Communication sans objet (1994), L’Ironie de la communication (1996), Conte de la mère morte (1997), Même les fantômes (2002) et un conte philosophico-poétique, en collaboration avec Emmanuel Tugny, La Reine Eupraxie (2006).