Collection « Palimpsestes »

Sarabande d’Ingmar Bergman
Isabelle Rèbre
152 pages, 12 x 18 cm, 40 illustrations noir et blanc
ISBN 978-2-87317-490-3
20 €, 2017

Ingmar Bergman réalise Sarabande à quatre-vingt six ans, alors qu’il pensait en avoir fini avec le cinéma. Ce tournage apparaît comme la seule issue aux tourments qui s’emparent de lui en cette fin de vie. Le cinéaste y pose la question du dialogue avec les morts : la réponse tient ici à l’utilisation de la photographie. Ainsi, place-t-il au cœur de son film le portrait d’une défunte : c’est paradoxalement cette image fixe qui va mettre en mouvement les personnages, et provoquer leur déplacement. La sarabande n’est-elle pas d’abord une danse ? L’autre particularité de ce film est de condenser en son sein un grand nombre de reprises tirées de sa filmographie, savamment remises en rythme. Il ne s’agit pas de conclure, mais de rassembler et réanimer personnages et motifs anciens dans une œuvre profondément musicale, composée pour se reprendre à l’infini. Ultime et subtil renversement d’un cinéma qu’on pensait hanté par la mort.

Isabelle Rèbre est cinéaste et a réalisé une dizaine de films documentaires dont un long-métrage Pollock & Pollock (2017). Elle achève actuellement son doctorat de cinéma. Elle est aussi l’auteure de : Moi quelqu’un (Actes Sud Papiers, 1998), Ton 8 mai 1945 et le mien (France Culture, 2001- Publie.net) et Fin, pièce de théâtre créée par Bernard Bloch et Martine Colcomb en 2015.