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Collection « Poiesis »

Christophe Van Rossom
ISBN 978-2-87317-296-1
128 pages, 14 x 21 cm, cousu
19 €, 2012

En ouverture de son livre composé de poésies réflexives, Christophe Van Rossom prévient son lecteur et donne le ton de cette suite lorsqu’il déclare qu’il rend grâce à la parole imprécatoire. Bien plus que la recherche d’un style au sens strict du terme, il s’agit d’une prise de position visant à agir doublement sur la sensibilité de son lecteur : atteindre directement ce dernier sans le détour obligé par un savoir auquel il fait pourtant appel par l’évocation des grandes figures de notre tradition culturelle et historique ; le renvoi permanent à cette culture à laquelle nous appartenons, afin d’en faire surgir les aspects les plus concrets ou mêmes les plus charnels. Ainsi l’auteur se porte à la rencontre des légendes et des mythes selon leur force et leur portée pour nous, maintenant. Son regard lucide et précis a pour objectif non dissimulé d’éveiller les consciences et de porter à notre compréhension tout ce qui relève du magma du monde de la vie, d’un réel qui chez lui, jamais n’est tenu pour un enfermement, mais bien pour une ouverture sur tout ce qui se donne à notre saisie. En cela l’auteur n’entend pas transiger avec les artifices d’une parole poétique extérieure à toute expérience de la vie : pour lui, comme le signale très clairement son art poétique, est poésie tout texte qui expérimente la forme et le sens, absolument confondus. Sa sensibilité ne néglige à aucun moment la pensée qui la soutient, et la pensée s’incarne dans les moments les plus sensibles de l’expérience.

Christophe Van Rossom, né à Bruxelles en 1969, est licencié et agrégé de Philosophie et Lettres et spécialiste des questions de poétique moderne et contemporaine. Il enseigne l’histoire des littératures et l’histoire des spectacles, notamment, au Conservatoire royal de Bruxelles, à l’Erg et à l’Université libre de Bruxelles. Conférencier, auteur de nombreux articles et études, il a publié plusieurs essais parmi lesquels un essai sur Mallarmé (Mallarmé, facile ? La Renaissance du Livre, 2002), ainsi que trois monographies : Jacques Crickillon : La vision du souffle ; Marcel Moreau : l’ivresse et l’insoumission et Jacques Cels : un architecte du sens (Luce Wilquin, 2003, 2004 et 2009). Il a également publié un volume de ses notes critiques (À voix haute, L’Ambedui, 2002) ainsi qu’une plaquette intitulée Petit traité d’athéologie (Le Cadran ligné, 2010) et deux précédents ouvrages de poésies : Sous un ciel dévoyé (Le Cormier, 2006) ; Savoir de guerre (William Blake & Co., 2008). L’Académie belge de Langue et Littérature lui a décerné le Prix Vossaert pour son œuvre critique.