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Collection « Poiesis »

Michel Collot
144 pages, 14 x 21 cm
ISBN 978-2-87317-514-6
19 €, 2018

Dans les poèmes comme dans les essais de Michel Collot, l’écriture apparaît foncièrement liée aux lieux. Cette liaison intime s’est très tôt imposée à lui sans qu’il sache d’abord quoi en faire ni comment s’en défaire. Comme tout un chacun, le poète fait partie des lieux où il vit, aime, travaille, écrit. Ce ne sont pas toujours des lieux d’élection, mais il leur appartient et il lui faut en prendre son parti pour tenter d’en devenir partie prenante. Prendre le parti des lieux, c’est apprendre à les dire et à les connaître. Or cette co-naissance n’est pas exempte de parti pris, car elle implique la reconnaissance du lien qui nous unit à eux. c’est aussi en tirer parti, pour créer des paysages qui les figurent et les transfigurent grâce aux pouvoirs de l’image et du langage. Dans ce recueil, Michel Collot explore les multiples dimensions de ce rapport aux lieux, qui prend sa source dans les expériences de l’enfance et s’épanouit dans l’espace du poème et du tableau. Ce mouvement, qui va d’une « autobiogéographie » à une poétique des « lieux à l’œuvre », le conduit à traverser quelques territoires privilégiés, comme la montagne, la capitale ou la Méditerranée, à évoquer son goût des voyages, son inaptitude à résider et sa fascination pour cette « autre scène » que nous hantons la nuit.

Michel Collot a commencé à écrire à un moment où la scène poétique était dominée en France par le formalisme et le textualisme. Il s’est tourné vers la phénoménologie pour élaborer une alternative théorique dans plusieurs essais, inspirés par sa lecture et sa pratique de la poésie. Pour lui, le travail sur la langue est inséparable du mouvement d’une émotion qui porte le poète à la rencontre du monde, rejoignant ainsi son goût pour le paysage, auquel il a consacré plusieurs ouvrages. Auteur de six livres de poésie dont Immuable mobile et De chair et d’air (Bruxelles, La Lettre volée, 2002 et 2008), il est professeur à Paris III-Sorbonne nouvelle et est aussi connu pour ses essais d’une importance décisive sur la poésie comme Le Corps cosmos (Bruxelles, La Lettre volée, 2008). Il a dirigé la publication des œuvres poétiques complètes de Jules Supervielle à la Bibliothèque de la Pléiade (Paris, Gallimard, 1996) ainsi que le second volume de l’Anthologie de la poésie française, XXe siècle, Bibliothèque de la Pléiade (Paris, Gallimard, 2000).