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Collection « Essais »

AAlto, Eisenstein et Proust
Adélaïde de Caters
160 pages, 15 x 21 cm, 45 ill. noir et blanc, broché
ISBN 978-2-87317-421-7
20 €, 2014

La singularité des contours sinueux caractéristiques d’Alvar Aalto s’expliquerait par le comportement de la matière. Une matière qui semble porter encore les traces d’une vie à demi assoupie, dont devrait cependant ressortir le processus sous-jacent de mise en forme. L’étude explore des procédés similaires dans d’autres disciplines que l’architecture, maniant des matières bien plus légères : le mot et l’image. Chez Marcel Proust, ces affinités se situent tant au niveau de la « fabrication » de l’écriture que de la narration. Ainsi Albertine, le grand amour du narrateur dans la Recherche, se disperse-t-elle en trajectoires capricieuses et sinueuses qui présentent une ressemblance parfois étroite avec les ondulations de la matière chez Aalto. Quant à Eisenstein, on retrouve la présence d’un mouvement organique permettant de lier les fragments épars, que ce soit à travers le montage de ses films ou dans ses écrits théoriques. ces lignes de recherche s’entrelacent en sept chapitres et autant de figures : la cristalline, la nébuleuse, la serpentine, l’enveloppante, la dissolue, la captive, la domestique. Liées aux dispositions spécifiques de la matière chez Aalto, Proust et Eisenstein, ces figures imprègnent l’ensemble du texte et le structurent.

Adélaïde de Caters est architecte et docteur en architecture. Après avoir soutenu sa thèse de doctorat à l’université Polytechnique de Barcelone, La Matière réveillée (publiée à Barcelone par la Fundación caja de arquitectos en 2007, Premier prix ex-æquo de Pensamiento y critica en 2009), elle poursuit ses recherches sur les genèses narratives en littérature et architecture et s’intéresse aux travaux pluridisciplinaires aux frontières poreuses comme les architectures de plaisir.