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Collection « Essais »

Eloge de l’incertitude amoureuse
Daniel Vander Gucht
80 pages, 15 x 21 cm, broché
ISBN 978-2-87317-420-0
14 €, 2014

La jalousie amoureuse, ressort de la tragédie classique comme de la comédie de boulevard, se trouve recommandée aujourd’hui, dans les « courriers du coeur » de nos magazines, à dose homéopathique, comme un adjuvant de la libido conjugale, et dans nos cours d’assises comme une circonstance atténuante, comme si cette funeste passion était somme toute naturelle, et attestait en outre d’une hypothétique « preuve d’amour ». or, s’il est incontestable que ce sentiment est communément partagé dans nos sociétés comme dans nombre d’autres cultures, les sciences humaines (sociologie, anthropologie, psychanalyse et histoire qui sont mobilisées dans ce livre) ont pu démontrer qu’il n’en est pas pour autant naturel, au sens d’un instinct universel, ni moins encore valorisé de la même manière dans toutes les sociétés et à toutes les époques. il aura fallu la conjonction de la « démocratisation » de la passion amoureuse (jadis incompatible avec l’institution matrimoniale qu’elle minait, comme l’illustre exemplairement le mythe de tristan et Yseult), sous la forme
du coup de foudre et du mariage d’amour dans la société capitaliste, et de la « libération sexuelle » pour légitimer, c’est-à-dire « naturaliser » le sentiment de jalousie amoureuse. L’auteur s’attache ainsi à déconstruire cet édifice social construit à la gloire de la propriété privée amoureuse, pour plaider, sur le plan éthique, en faveur de l’incertitude amoureuse, seule morale adaptée – mais exigeante – à notre société démocratique, respectueuse tant d’autrui que de soi-même.

Daniel Vander Gucht, docteur en sociologie, est chef de travaux et Directeur du Groupe de recherche en sociologie
de l’art et de la culture (Gresac) à l’université libre de Bruxelles. il a notamment publié L’Art contemporain au miroir du musée (La Lettre volée, 1999), Art et Politique. Pour une redéfinition de l’art engagé (Labor, 2004), La Jalousie débarbouillée. Éloge de l’incertitude amoureuse (Labor, 2005 ; réédité La Lettre volée, 2014), Ecce homo touristicus. Identité, mémoire et patrimoine à l’ère de la muséalisation du monde (Labor, 2006), L’An passé à Jérusalem.
Journal yérosolymitain
(2004-2005) (La Lettre volée, 2008) et L’Expérience politique de l’art. Retour sur l’engagement artistique (Les Impressions nouvelles, 2014).